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Jusqu'à la fin de la colonisation au Congo en 1960, l'immigration congolaise en Belgique était relativement limitée. Celle-ci commence en fait à partir de l'exposition universelle de 1958. Bruxelles voit alors petit à petit arriver de plus en plus de jeunes congolais qui viennent faire leurs études en Belgique.

Très vite des problèmes d'accueil se posent, c'est ainsi que Monique Vanderstraeten, dont le frère est missionnaire en Afrique, crée en 1960 un centre d'accueil et d'hébergement : la Maison Africaine. Celle-ci voit le jour dans une maison de la rue Traversière à Saint-Josse, mais très vite l'espace devient trop exigu au vu du nombre croissant d'étudiants arrivant en Belgique.

C'est pourquoi en 1961 elle déménagera au 47 de la rue de la Vanne à Ixelles. Cette rue, dans le prolongement de la rue de l'Arbre Bénit, est proche de la rue Keyenveld où habitaient déjà pas mal d'étudiants congolais. Ceci en raison de la proximité de l'ULB et de l'école sociale de la rue de l'Abbaye où la plupart d'entre eux étudient. Depuis la porte de Namur ces lieux sont faciles à rejoindre grâce aux transports en communs, d'autre part nous sommes proches de l'Ambassade du Congo/Zaïre et du bureau de l'office de la coopération au développement, qui deviendra ensuite AGCD puis DGCI.

Ainsi un noyau africain commence à se développer dans le quartier " Mercelis ", même si en 1969 la Maison Africaine déménage une dernière fois au 33 rue d'Alsace-Lorraine où elle se trouve encore aujourd'hui.

Lorsqu'ils désiraient prendre un verre, les étudiants congolais, se rendaient " chez Mamine " une belge qui tenait un établissement au 16 de la rue Keyenveld, mais c'est surtout sur la rue de Stassaert que se trouvaient les vrais lieux de divertissement. C'est là que l'on trouvera les premiers cafés et dancing africains de Bruxelles, ainsi le " Black and White " tenu par un belge, mais aussi " les Anges Noirs " tenu par un capverdien et " le Baninga " tenu par un congolais, établissement où Mobutu venait quasi tous les soirs lorsqu'il était étudiant.

Il faut toutefois remarquer qu'on trouvait déjà à Bruxelles beaucoup d'africains originaires des colonies françaises, car nombre d'entre eux venaient en France pour étudier ou chercher du travail. La situation économique étant alors très bonne en Belgique, ils furent nombreux à venir à Bruxelles dès les années 50 pour y chercher du travail, ainsi le saxophoniste Manu Dibango, qui travaillera un moment à " l'Horloge ", situé square du Bastion, lieu où se dresse aujourd'hui la grande tour qui domine la Porte de Namur.

En effet, contrairement à ce que l'on pourrait penser ce n'est pas avec les congolais, mais bien avec les ouest-africains que la population belge entretient le plus d'échanges.

Le passage d'un côté à l'autre de la chaussée d'Ixelles commence en 1968. C'est durant cette année que l'ivoirien Kat Kadio, un ancien travailleur des " Anges noirs " reprend " la Marie Galante " une boîte de nuit située au 72 chaussée de Wavre. A partir de ce moment les lieux de divertissements africains vont de plus en plus se développer du côté gauche de la chaussée d'Ixelles, dans la partie de la chaussée de Wavre qui va jusqu'à la rue de la Paix.

En 1970, suite à sa faillite, Kat Kadio remet son établissement à Conté Mamaduba, un guinéen qui travaillait comme portier à la " Marie-Galante ". Ce dernier rebaptise cette boîte " Le Mambo ". En 1972, alors qu'il retourne en Guinée-Conakry, il remet " le Mambo " à Henri Kadiebo et à son épouse Madeleine Doran.

" Le Mambo " deviendra le lieu de divertissement le plus prisé de la communauté africaine. D'une clientèle étudiante, l'on passera petit à petit à une clientèle plus adulte, constituée d'hôtesses d'Air Zaïre, de commerçants, mais aussi d'hommes politiques africains, d'artistes, ainsi Bob Marley qu'on a pu y voir quelques fois.

" Le Mambo " emploie un personnel exclusivement masculin et est plutôt exigu, sa surface fait environ 5 mètres sur 10. Cette boîte deviendra vite une vitrine de la musique africaine, ce qui permettra aux belges de la découvrir, mais aussi aux congolais de rester au courant des nouveautés qui sortaient dans leur pays d'origine.

A partir de 1972, Matonge va se développer sur cet axe moins isolé, plus ouvert qu'est la chaussée de Wavre. Ceci essentiellement grâce à la proximité de la Maison Africaine et du " Mambo. "

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