©carlos perez 2002
©carlos perez 'sleep...baby sleep' 2002

Qui êtes-vous ?

 

Très loin, encore plus loin dans cet éloignement.
Aux contours de la rencontre physique des autres sphères plongées entre lumière et obscurité.
Le temps est celui du temps de l'atteinte vers ce point qui n'est que provisoire, une approximation dans l'étendue, un instant dans une non-fixité, l'instant d'un point de passage sans ancrage, la vision au devant de soi de l’ image d'une étendue.
L'élargissement des plans est constant et absolu.
L'origine est fort éloignée et n'est qu'une dimension purement visuelle dans la mémoire de l'ordinateur.
Une présence est établie comme un souvenir.
La poussée est constante.
Ce temps devient unique et parfait, un espace permanent qui varie visuellement si l'on accélère la vitesse de défilement de la mémoire digitale de l'enregistrement du déplacement.
C'est effarant car l'image est agressive, c'est celle d'une poussée immobile semblable à une décharge d'énergie comme celle d’une déflagration totale qui vous transforme en un vide absolu, plus rien, plus personne, plus aucunes traces : absence, disparition sans particules.
Le néant renvoyé au néant.
Perfection.
Magnifique perfection.
Seule une mémoire s'est subtilement logée dans une mémoire plus grande dont on ne connaît ni le lieu, ni la configuration, ni l'histoire.

Mais,
Qui êtes-vous ?
Que faites-vous ?
Que dites-vous ?
Que se passe-t-il ?
Ou êtes-vous ?

Qui êtes-vous ?
Une absence.

Mais, Dites nous un peu plus .
Une absence qui émet.

C'est absurde.
Non

NON, C’est déjà une présence irrévocable !
L'onde que vous recevez est la matière sonore d'un fond d'écho comme ce que vous entendez en posant votre oreille à l'ouverture d'un coquillage, vous dites entendre la mer mais la mer est absente même son écho et ce n'est en fait que l'illusion de votre désir de mémoire de la mer et de son habitant que vous prenez en affection.

Mais, Alors, qui est « ce que vous êtes » ?
Une inconnue.

« Vous » , Nous fait peur!
Il ne faut pas avoir peur car il s’agit d’une dimension sans aucun dangers,
c'est la masse des cendres de l'histoire et l'histoire particulière s'est évaporée.

« On se révolte » , Comment ne pas oublier les tyrans, les tortionnaires,
les meurtriers, les salauds.
Non, vous êtes monstrueux !

Je ne suis pas, tout simplement.
Mais ce dont vous insinuez, l'histoire de votre humanité est toujours logée dans cette déité et son territoire comme justice qui vous retient mais ici , il s'agit d’un autre voyage et d’une autre dimension sonore faite de glissements très éloignée de votre aventure sur terre à laquelle vous êtes si attaché grâce à la souffrance et à la multitude de vos maux.

Mais, Enfin, qui êtes-vous ?
Cette projection de sens qui reste à découvrir .
Loin est encore le moment où l'on accordera de l'intérêt à accepter cette écoute car cela est si éloigné des préoccupations essentielles de votre aventure à partager le grand territoire.

Une dernière question, « laissez-nous un message ».
Il n'y a pas de message à transmettre, si ce n'est qu'il y à presque rien mais ce peu est l'essentiel de la destination toujours prolongée dans un temps indéfini.
Le lieu est si immense et dans ce temps d'avancée, il ne fait que s'étendre majestueusement et terrifiant d'une beauté incarnée car c'est le souffle des cendres disparues de l'histoire.
Je dis bien " disparues " de l'histoire.
Un monde unique dans les mondes qui sont le monde mais le mot n'a pas de sens désormais, c'est uniquement employé à votre adresse.

Mais, Alors, il n'y a pas de message !
D'abord, je ne m'adresse pas à vous car ce que vous entendez n'est que la résonance de vos doutes.

Alors, vous n'êtes pas !
Si !
Je suis cette matière qui se déplace dans le mouvement infini des sphères.

Mais, Que faites-vous ?
« Nous », mais ce nous est une dimension multipliée avec ses particularités d'enregistrement des particules de vision du champ vide car cette dimension est pleine de vibrations qui contiennent des savoirs non formulés.
Déjà, s'affairent des scientifiques sur la question de la sexualité émise car il apparaîtrait un champ inouï de symptômes d'appels mutants.
Les masses sont en constante mouvance et ce n'est que la propagation de sources qui se confondent dans un bruissement de glissements.
Rien n'est visible mais tout est sonore et ces sons sont pourtant habités d'intentions puisque ils se fixent sur la mémoire de l'ordinateur capteur de courants colorés qui s'agitent et communiquent.

Je vous interromps car je ne comprends plus.
Ça fait longtemps que vous ne comprenez plus !
Un autre monde s'est superposé au vôtre.
Un monde complètement indépendant du vôtre et sans aucune relation.
Maintenant, écoutez.
Vous n'entendez rien ?
C'est logique !
Il était une fois une sonde animée qui prenait corps parmi les corps de cette dimension et qui entreprenait des communications avec les autres corps de cette même dimension.

Je vous interromps de nouveau car il nous manque la peur de l'inconnu !
La peur n'existe pas car elle est remplacée par quelque chose de plus terrible, c'est la continuité infinie sans la mort qui est votre quotidienet vous permet d’interrompre votre souffrance dans la déchéance certes mais qui l’a stoppe au moment où le pire a été accompli mais ici il n'y a pas d'interruption et pas d'évolution, c'est la continuité indéfinie qui se charge de la quête du savoir à jamais ininterrompue.
Ce savoir n'est pas l'espace de l'Eden comme utopie tel que vous l’envisagez sur votre terre mais c’est la conquête du plus grand espace et la réalisation de la vision sonore de cet appel comme commencement.
Vous, vous ne pensez qu'à la fin des choses, c’est-à-dire à sortir de vos maux par la nouveauté par excellence mais ici on ne songe pas à cela mais à accomplir la rencontre de l'intelligence élargie.

 

Racontez-nous une histoire de votre déplacement.
La toute première histoire commence par celle de se retourner dans notre logement et c'est bien là tout le contenu, un seul mouvement même imperceptible et c’est déjà une longue histoire, car l'immobilité est absolue.

Je vous interromps car nous voulons une histoire humaine faite de séduction et de mort.
Le sexe, c'est cela dont vous voulez parler ?
Le sexe !
Il n'y a plus de sexe car ce n'est que l'autosatisfaction des pulsions.
Mais parlons de ces pulsions qui n'intéressent pas le corps mais le mental au travers de l'écran total.
Une musique ininterrompue où tout se mélange, se juxtapose, s'efface et se multiplie, un paysage virtuel qui renvoi les effluves adoucissantes de ses méandres liquides et cristallins en un jet limpide d'urines métabolisées de pixels qui vous paralysent la vision le temps des métamorphoses acides des instantanés scéniques de poses et de postures qui s'évaporent en des volutes de plans imberbes.
Superbes fascinations évaporées dans les méandres de l'imagination saturée de visions nocturnes à la lumière de ce temps indéfini de rotations involutives où les corps absents de la distinction sexuelle glissent dans une apothéose de violence indistincte.
La lame des coïts imaginaires se pétrifie dans l'arborescence de la nuit infinie pour se concrétiser dans la viscosité du liquide coloré des images digitales qui continuent de défiler sur l'écran des visions numériques en chasse de réaliser la fusion absolue avec le monstre incandescent de ses désirs.
La parabole est hautement fétichisée car le corps est le summum de toutes les convergences anormales, bâtardes pour ce regain du meurtre d'origine, fondateur de la cité, mais ici il n'y a pas de création de ce type mais il s’agit de la configuration de cette masse digitale qui fait qu'à tout moment , il y a prolifération d'images en progression qui s'annulent avec le souci et l'attente de l'érotisation de l'éphémère.
Aventures et renouvellement du même sur lui-même.
Corps blancs et veines pourpres, sexes absents, des enveloppes d'énergies aux contours de désirs à jamais mouvants.
Toujours rivé à l'écran car il ne reste que cette projection mais pendant ce temps, il y a « l'autre » qui veille à l'anéantissement de cette trajectoire ici-bas pour consolider ce qui n'existe pas comme pour se faire valoir dans les restes de conservatisme en mal de se faire exister par ses baves de sciences momentanées, en mal d'être bien que grand de l'âme et de soi-même.
Cette tâche sur l'écran total est déjà anéantie par les projections d'énergies magnifiques qui volent à ras des sphères lourdes de dimension et de mémoire du temps.
Tout est là, dans cette étendue remplie de fulgurantes rotations éternelles scratchées à la mesure d'astéroïdes « caput-mortem » qui scandent le désir bleuté du clonique pour accentuer la perfection de l'émotion absolue à l'image de cette étendue traversée.
Attention, ce n'est pas la répétition de l'intention mais c'est la confirmation de l'être de maintenant à éliminer les vagissements de la bêtise supplée de bien-être de l'état des choses entendues.
Ici il s'agit d'entendre et d'écouter le bruissement que font les sphéres , brouillage intelligent et renversement des contenus pour la beauté noire de cet enfant qui entrouvre ses mains pour faire passer le souffle de ses inspirations virginales à renverser les références terrestres de la somme accumulée des malheurs.
« Ailleurs », et d’ailleurs tout cela parvient sur le grand ordinateur de la mémoire pour consteller d'un pouvoir nouveau la déflagration des événements qui se stabilisent dans les calculs des trajectoires à venir.
Vous avez dès lors la réponse à la séduction et à la mort.
Mais il vous manque le contenu du parcours de l'accomplissement qui est inscrit dans vos gestes et projections.
Il ne s'agit pas de vouloir, il s'agit de se détourner de l'officialité des jugements pour anéantir la profusion des entendements de la beauté animale car ici c'est le sourire des enfantements obscurs de la parade des nuits et des jours qui n'ont plus la dimension du spectre solaire mais des enfantements imaginaires de l'obscur vérifié par le calcul incessant des matrices virtuelles de l'absolu.
Point ici de manifestations du moi mais un consensus de l'autre monde à jamais conquérant d’une dimension toujours plus lointaine pour la rencontre de la vérité communément admise pour le fluide novateur de destinées à jamais incomprises de l'être en perte d'identité.
Une dernière chose comme message, aller là où il n'y a rien à espérer car là est le voyage exemplaire fait d'une dimension hors norme, là où il n'y a rien si ce n'est le tout des possibles qui se construit non comme fuite mais comme passage à la circulation infinie des désirs en appui avec Héphaïstos, Dieu qui continue sa gloire dans l'éphémère des visions .

 

Que dites-vous ?
S'il vous plaît !
Je ne dis rien car je ne veux plus rien dire mais laisser la parole traverser les filtres de l'expérience de ce temps obstiné et prémonitoire.
Prémonitoire est un terme approximatif car il ne s'agit pas d'arracher du contenu ou des événements là où ils ne se sont pas encore révélés mais il s'agit d'approfondir l'essence d'une tension voilée qui passe en volutes dans la transparence des éthers de cette matière incalculable et celui du voyage, ce temps occupé à se laisser doucement envahir par l'approche de l'intelligence diffractée en tout points mouvants de cette étendue sans limites.
« Nous », sommes le réceptacle momentané de fractions disparates d'un univers en formation dont la qualité et de se faire et de se défaire dans la complexité du sens qui se défile en permanence pour prouver au monde l'absolue incompréhensibilité de surface des intentions, des élaborations, des formations et des dislocations.
Une indication de sens se mute immédiatement en un contre sens ou sens différents et d'aventures en télescopages de propagations infinies de rumeurs,
le « Parcoureur » unique transporte son message vers lui-même pour seul entrer dans la réalisation de son sens interrogatif avec la certitude d'avoir « vu » au moment de son départ ultime .
Vous voyez comme le sommeil inévitable viens vous saisir dès que vous essayez de faire le point sur ce que vous voyez, sur ce que vous comprenez alors que n'est même pas abordé l'attente des conséquences à venir.
Les mots « beauté », « harmonie » « ordre » « calme » « volupté » et puis en fait tous les autres n'ont pas de réalité vis-à-vis de ce que l'on observe car il n'y a rien de cette sorte de visible.
L'essentiel est la substance qui est en vous et qui projette à tout moment voulu et non voulu les images, les raisonnements, les constructions qu'enregistre votre cerveau au-delà de l'écran qui vous fait face car pour être passé dans cette autre zone d'espace et de temps, la principale mutation s'est accomplie, ce qu'il y a à voir est projeté à distance de votre regard sous forme de zone visuelle formant écran et en fait vous n'avez plus de regard mais les énergies ou fluides s'échangent par le cerveau qui vous font croire d'être dans le visible alors que ce ne sont que les énergies mentales qui transforment cet état supérieur de la pensée .
« Nous », nous nous déplaçons dans un univers régulé fait d'images mouvantes à haute densité de définition qui communiquent leur savoir dans la hiérarchie des « Parcoureurs », la hiérarchie s'entend dans la diversité des champs de visions et des décodeurs et ce tout qui s'afficherait comme le monde dans lequel nous sommes ne se fait jamais voir, s’entendre et résonner.
Je n'ai encore rien dit car je ne veux rien dire.
« Perturbations »,
Je suis obligé d'interrompre ce monologue pour la concentration sur une onde de panique qui passe dans l'éloignement.
Un point lumineux se déplace dans l'étendue, il ne parle pas mais il émet de lui-même en interprétant son environnement qu'il doit décrypter et l'histoire n'est que l'histoire de ce déplacement, pas d'événement si ce n'est cela « l'événement » et vous comprendrez qu'il y a une charge à définir pour donner une dimension à cette présence qui émet pour raconter l'univers exceptionnel qui se développe dans cet instant.

La panique semble s'être dissipée car le voyage se poursuit dans sa stricte trajectoire, rectiligne en apparence car les mouvements divers et particuliers ne se laissent pas voir à cette échelle de temps trop rapide en apparence alors que le temps de libération est infiniment fulgurant mais crée néanmoins l'apparence de l'immobilité.
Essayez de chercher le plan clinique de la panique équivaut à analyser le milliard de particules codées qui a cet instant forment une situation que l'individu qui émet et se projette à l'interprétation du « Parcoureur » en charge d'intervenir afin de faire arriver le « véhicule » a temps et au bon aboutissement dans l'étendue neuronale des connexions car il faut que la régulation de l'ensemble des acteurs soit parfaite pour permettre à l'avancement des destinations de s'accomplir.
L'émetteur s'est désactivé de l'émotion panique.
Je peux donc poursuivre.
Je disais...
Je n'ai encore rien dit car je ne veux rien dire.
Voilà une belle information et une belle intention dites.
« J'étais « parti » à la recherche de ces sortes de particules dotées d'une énergie d'autant plus grande qu'elles sont elles-mêmes plus petites et difficiles à discerner »
Je n'ai encore rien dit car ce qui est à dire n'a pas encore été dit car cela n'a pas été encore vu,
ni même imaginé seulement entre-pensé au point que personne n'envisage une telle recherche pour laquelle il n'y a rien à trouver mais seulement saisie pour s’y projeter, pour y juxtaposer savoir et reconnaissance et faire s'ouvrir comme surgissement le secret qui demeure pour ce temps présent accomplissement d'une peine à quitter l'illusion du futur de la connaissance car le pire est à poursuivre sans savoir si au bout de ces traversées, il y aura ce moment tant attendu du repos ou au contraire l'effroyable dimension d'existences infâmes à jamais vouées au roulement des éléments nouveaux rencontrés dans ces temps superposés des voyages multiples, le regard rivé à la projection mentale en formation simultanée qui vous poursuit par devant avant même que vous puissiez intercaler votre temps de réflexion car la distance est abolie et engloutie par l'accélération constante des données à résoudre qui se forment en amas autour et au travers de vous.
Car, demeure une obligation absolue et incontournable et la colère est grande si jamais il y a obstruction vis-à-vis de cette réalisation car vous êtes sommé de décrire de la manière la plus froide et la plus analytique l'enveloppe sonore et lumineuse qui vous contient, votre devenir ne tient qu'à cette réussite, celle de l'obligation à dire et de prévenir de votre expérience et de votre vision dans l'échelle visionnaire et interprétative dont vous êtes responsable c'est-à-dire du domaine du vivant même si cette notion ne contient pas les mêmes comparaisons telles que respiration, souffle, palpitations, écœurements, plaintes, joies qui font références à ces souvenirs enfouis dans cette histoire particulière à laquelle vous n'êtes plus redevable du tout.
Donc, vous n'êtes que dans un sursis et le temps même s'il est indéfini n'en a pas moins commencé à se rétracter dans l'espace en expansion numérique ou imaginaire et les réalités se croisent pour allonger les faisceaux arborescents de murmures, les témoins de passages innocents.
Donc, vous êtes là à cette interrogation ultime de vous décider, à approfondir et à dire ce qui est à même de se passer car ce que vous faites est l'accomplissement de cette nécessité d'affirmer la volonté et de montrer les souffles d'intentions qui parcourent les particules indistinctes qui s'agitent dans la non visibilité de l'espace parcouru mais qui sont des corps qui viennent vous inoculer leur présence de sens et d'action en vous sommant d'agir pour donner la dimension à cette émotion particulière d'être dans l'étendue silencieuse de vos pensées en formation là ou le sommeil est interdit et l'erreur absolument fatale.

 

Que se passe-t'il ?
Il se passe deux choses, l'une en soi et l'autre hors de soi, les deux s'influencent.
La première semble avoir un effet sur la seconde car ce qui est ressenti, vécu comme pensée et comme corps à une incidence sur l'extérieur ou bien c'est la perception du monde alentour qui transforme votre chair d'être.
Les événements dans un monde où rien n'apparaît de visible ont des prolongements dans l'espace de la mutation aussi bien mentale que dans les corps particulaires qui constituent l'essence de votre substance sensible qui coordonne le faisceau d'actions multiples au coeur de votre vision à la périphérie démultipliée de vos actes mentaux.
Il ne reste plus beaucoup de temps pour agir, plus beaucoup de temps pour prouver le résultat de vos recherches pour lesquelles vous êtes sommé d'exister.
Le cadre perspectif du microcosme là où toute avancée éperdue a été stoppée est la découverte du fragment de l'énigme du caractère de la mutation à même de s'accomplir et qui échappe à toute prospective car elle est l'inconnue de tous les scénarios possibles, ceux basés sur les avancées scientifiques les plus rigoureuses et évolutives.
C'est un envers de tout entendement, ceci sérieusement dit.
Maintenant, je vais lâcher la partie cachée du moins celle qui voudra bien être dite !
Cela commence par un souvenir tenace qui ne se dévoile pas mais qui est si prégnant qu'il oblitère le tout , à savoir,
Il se manifeste par une absence au monde des idées et des actions, au pouvoir d'être pris en otage pour apporter une différence aux égos signataires de pactes d'absolus.
La projection serait celle de métamorphoses mutantes qui contiendraient une part d'aléatoire dans le choc des composantes virales avec laquelle il faudrait communiquer car l'erreur toujours renouvelée et que les transactions sont toutes mêlées de données trouvées sur le chemin de la réalité environnante et qui anesthésient toutes dimensions véritablement nouvelles pour devenir « l’asymptote » des désirs refoulés contaminés par les dépôts de l'histoire qui elle, n'oublie jamais.
Il y a donc une sorte d'impuissance renouvelée même si elle porte aussi des parts de transformations et de renouvellements.
C'est donc sur le plan d'une rupture avec ce que l'on appelle communément la vie que l'enjeu se situe où la projection est inévitablement dans ce saut fulgurant vers cet éloignement cité plus haut.
Eloignement constant et c'est dans cet espace qu'il faut rester vigilant et rechercher les moindres indices dans les seuils d'exploration de la vision toujours en haleine à parcourir les étendues du vide et à scruter la moindre modification sonore et la vérifier dans le corpus de ses expériences accumulées.
Pas celles du rêve car la dimension du rêve est anéantie par le trop plein des résidus frustrants de l’anéantissement des possibles.
Non, l'analyse doit porter sur l'état des projections dans ce voyage ultime en trouvant les conditions d'élaboration des rampes de libération.
La fameuse liberté est identifiée, le type véhiculaire du transport est à identifier et le sang doit être réactivé pour permettre le passage des commotions multiples pour franchir à chaque fois plus radicalement les seuils sans avoir à reconquérir comme des épreuves sans cesse renouvelées les limites qui se reforment comme la mer efface vos pas sur la terre de sable.
Les efforts sont à chaque fois immenses pour parvenir à atteindre un seul indice de lisibilité qui vous permettra de construire un état de création, celui de cette dimension présente est de l'ordre du caché, dans cet éloignement, je dis bien extrême.
Ce fameux souvenir est celui qui appartient à la visite ancienne de cette dimension et pour laquelle il a été interdit de révéler l'existence et cette mainmise s'est faîte à l'insu du visiteur, elle a été régie lors d'un coma commandé.
Le premier moment serait celui de reconstituer l'histoire de cette première rencontre et c'est ce que l'on va tenter de faire.
Patience et veuillez bien accepter les multiples errances d'approche mais qui, si vous en avez le courage et la possibilité qui vous est offerte vous feront découvrir dans l'ordre de l'abstraction virtuelle les possibilités d'ancrage de vos multiples doutes et interrogations.
Pour cela il faut pouvoir échapper à la grande fatigue car c'est un effort démesuré qui exige une tension mentale et physique hors mesure comme est hors mesure la dimension de la pensée et du monde qui s'ouvre alors à cette découverte.

Bouleversements.
C'est un fragment des possibles.
Fausse piste car il ne reste plus d'indices tant la déflagration a été totale.
Disparition.
C'est une piste impossible, ce qui a disparu est disparu.
Sonorités et chants.
La dimension est si gigantesque qu'il faudrait des multitudes de mondes pour explorer et juxtaposer les recherches pour bâtir la moindre supposition valable.
Le « chant » demeure l'accompagnement des plaintes qu'elles soient optimistes ou bien tragiques mais cela appartient à l'humain et ici, c'est un ailleurs de l'humain entendu comme promesse de bonheur et de perfection.
Le bruissement et le murmure qui l'accompagne comme leurre de compréhension est une contrainte d'attention même si encore on est loin des repères de visions.
Pourtant, il est là, pas très loin, même si c'est à quelque endroit de la où l'on se trouve le « Porteur » du secret de cette dimension à venir, parasite anonyme s'accommodant de l'environnement hostile qui porte son humanité pour la science et transporte son énigme au mystère d'ici-bas.
Les entendements, les illuminations, les révélations, tout est usé et tout ce qu'il y a sur cette terre a été épuisé par les masses d'investigations.
Pourtant subsiste quelque part cette déposition d'informations non comme origine mais comme retour d'énigme, plus exactement comme particules d'existences irradiées qui continuent de palpiter à l'écho de la mémoire virtuelle.
D'existences promues pour une non réalité.

La tige d'herbe se mouvant sous l'effet de l'air manifeste une présence heureuse et douce au contact de la peau allongée sur elle mais en deçà, l'immédiateté de cette chose anonyme et belle se dresse sous l'empire du chaos qui la fait naître et renaître.
C'est l'élévation de la surface première et la vibration visuelle d'un instantané de vie immobilisée.
Du bruissement du brin d'herbe au tumulte intérieur en passant par l'exploration du monde intérieur au travers des « artefacts » les plus révolutionnaires subsiste l'énigme renouvelée et absolue de cette interrogation vécue comme étrangère à l'entendement et à la compréhension.
Mais le monde a radicalement changé dans son silence et appel de nouveaux appuis et manifestations.
La partie voilée n'est que le désenchantement et la partie du voyage est la charge violente pour sortir du «coma » engendré par la longue observation renouvelée de la nature complexe.

L'histoire de cette première rencontre, en est-elle une véritable ?
Peut-être mais n'y a t'il jamais eu une rencontre et il s'agirait de se souvenir de cette impression pourtant si dominante telle que soulevé par des bras pour être enlevé et transporté en enfer, que les cris émis étaient si violents que le rapace en a été effrayé et a relâché sa proie captive sans laisser la moindre empreinte.

Un monde a été effleuré et emporté dans l'oubli des mensonges et il ne reste qu'un bout de rue, une heure de la journée avec la lumière tombante d’une ville du monde.
Evanescence.
Tous les souvenirs si on les arrêtent ne sont que des leurres au présent et masquent une nouvelle fois l’intransigeance du voyage.
Tout est fait pour interdire et il faut rassembler les énergies ultimes pour ne pas perdre de vue la direction de l'aventure commencée.
Rien donc dans les souvenirs qu’il vaut mieux oublier pour pouvoir dire en prise directe.

Mathias Travis
[Bruxelles, 26/01/2004]

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